Vie de copywriter

Statut freelance : le guide pour se lancer

Statut freelance : micro-entreprise, SASU, EURL ou portage salarial ? Comparatif, démarches et aides pour choisir le bon statut juridique en 2026.

L'académie
~ 7 min de lecture

Résumé : Le statut freelance n'existe pas juridiquement. Vous devez choisir entre micro-entreprise, EI, EURL ou SASU parmi les 3,4 millions d'indépendants en France.

En France, plus de 3,4 millions de personnes exercent une activité indépendante. Parmi elles, une part croissante choisit de travailler en statut freelance, attirée par la liberté de choisir ses clients, ses horaires et son lieu de travail. Pourtant, un malentendu persiste : "freelance" n'est pas un statut juridique.

Concrètement, vous devez créer une structure légale pour facturer vos prestations. Micro-entreprise, société, portage salarial : chaque option a ses propres règles fiscales, sociales et administratives. Ce choix conditionne votre protection, vos revenus nets et votre crédibilité auprès de vos clients. Alors, quel statut choisir pour lancer votre activité en toute sérénité ?

Freelance : une façon de travailler, pas un statut juridique

Première chose à comprendre : le mot "freelance" décrit un mode d'exercice professionnel, pas une forme juridique. Un freelance est un travailleur indépendant qui exerce seul, à son compte, sans lien de subordination avec ses clients. Il négocie librement ses missions, ses tarifs et ses conditions de travail.

La différence fondamentale avec le salariat tient à cette absence de lien de subordination. Un salarié reçoit des directives de son employeur. Un freelance, lui, s'engage sur un résultat dans le cadre d'un contrat de prestation. Il choisit comment, quand et où il travaille.

Pour exercer légalement, le freelance doit obligatoirement choisir un statut juridique et immatriculer une structure. Sans cela, impossible de facturer. Plusieurs options existent : l'entreprise individuelle (avec ou sans régime micro), l'EURL, la SASU, ou encore le portage salarial. Chacune a des conséquences directes sur votre fiscalité, votre protection sociale et votre responsabilité.

Attention : si un client vous impose des horaires fixes, un lieu de travail ou un contrôle strict de vos méthodes, l'URSSAF peut requalifier la relation en contrat de travail, avec des conséquences financières lourdes pour les deux parties.

La micro-entreprise : le choix de la simplicité pour démarrer

Freelance européen travaillant sur son ordinateur dans un espace de coworking lumineux

Si vous débutez, la micro-entreprise est souvent le point d'entrée le plus logique. Les formalités de création se font en ligne en quelques minutes sur le guichet unique de l'INPI, et la gestion quotidienne reste ultra-simplifiée.

Concrètement, vos obligations comptables se limitent à un livre de recettes et un registre des achats. Vous déclarez votre chiffre d'affaires chaque mois ou chaque trimestre, et vos cotisations sociales sont calculées en pourcentage direct de ce chiffre. Pas de chiffre d'affaires ? Pas de cotisations.

Le régime fiscal est tout aussi simple. Vous bénéficiez d'un abattement forfaitaire sur vos revenus (34 % pour les activités libérales, 50 % pour les prestations de services commerciales). Vous pouvez aussi opter pour le versement libératoire de l'impôt sur le revenu si votre revenu fiscal de référence le permet.

La contrepartie ? Vous ne pouvez pas déduire vos charges réelles. Et des plafonds de chiffre d'affaires s'appliquent : 77 700 euros par an pour les prestations de services, 188 700 euros pour les activités commerciales. Au-delà, vous basculez automatiquement vers le régime réel.

La micro-entreprise convient parfaitement pour tester une activité sans prendre de risques financiers majeurs. C'est d'ailleurs le statut privilégié par la majorité des freelances qui se lancent. Si vous envisagez de passer de salarié à freelance copywriter, c'est souvent par là que tout commence.

L'entreprise individuelle au régime réel : pour aller plus loin

Vos revenus augmentent et vous engagez des frais professionnels importants ? L'entreprise individuelle classique (au régime réel) prend le relais. Depuis la loi du 14 février 2022, le patrimoine personnel de l'entrepreneur individuel est automatiquement protégé, seuls les biens utiles à l'activité professionnelle étant saisissables par les créanciers.

Le principal avantage par rapport à la micro-entreprise : vous pouvez déduire vos charges réelles. Loyer d'un bureau, matériel informatique, logiciels, formations, déplacements professionnels - tout vient diminuer votre bénéfice imposable. Si vos frais représentent une part significative de votre chiffre d'affaires, l'économie fiscale peut être substantielle.

Vos bénéfices sont imposés à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des BNC (bénéfices non commerciaux) pour les activités libérales, ou des BIC (bénéfices industriels et commerciaux) pour les activités commerciales. Depuis 2022, vous pouvez aussi opter pour l'impôt sur les sociétés, ce qui ouvre des possibilités d'optimisation supplémentaires.

En contrepartie, la comptabilité devient plus exigeante. Il faut tenir une comptabilité complète avec bilan et compte de résultat. Le recours à un expert-comptable, bien que non obligatoire, est vivement recommandé.

EURL ou SASU : créer une société pour se protéger

Quand l'activité se structure et que les enjeux financiers grandissent, passer en société devient pertinent. Deux formes dominent chez les freelances : l'EURL et la SASU. Les deux créent une personne morale distincte de vous, avec son propre patrimoine. Votre responsabilité se limite au montant de vos apports.

L'EURL : le choix de la maîtrise des cotisations

L'EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) est une SARL à associé unique. Son gérant relève du régime des travailleurs non salariés (TNS), ce qui signifie des cotisations sociales plus faibles qu'en SASU (environ 45 % de la rémunération nette contre 65 à 80 % pour un président de SASU). Par défaut, les bénéfices sont imposés à l'impôt sur le revenu, mais vous pouvez opter pour l'impôt sur les sociétés.

Point de vigilance : les dividendes versés par une EURL sont soumis aux cotisations sociales pour la part excédant 10 % du capital social. L'optimisation "salaire faible + dividendes élevés" fonctionne donc moins bien qu'en SASU.

La SASU : la souplesse et la protection sociale renforcée

La SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle) séduit les freelances qui veulent une protection sociale du régime général. En tant que président, vous êtes assimilé salarié : couverture maladie, retraite et prévoyance de meilleure qualité que le régime TNS, selon les données de la Sécurité sociale.

Les bénéfices sont imposés à l'impôt sur les sociétés par défaut. Vous pouvez vous verser un salaire (soumis à cotisations) et des dividendes (soumis aux prélèvements sociaux de 17,2 % mais pas aux cotisations sociales). Cette distinction permet une réelle optimisation fiscale quand les revenus sont élevés.

Le revers : les formalités de création sont plus lourdes (rédaction de statuts, dépôt de capital, publication d'une annonce légale), et la comptabilité doit être rigoureuse. Le coût de gestion annuel est aussi plus élevé.

CritèreMicro-entrepriseEI (régime réel)EURLSASUCréationTrès simple, en ligneSimpleStatuts + capital + annonce légaleStatuts + capital + annonce légaleResponsabilitéPatrimoine protégé (loi 2022)Patrimoine protégé (loi 2022)Limitée aux apportsLimitée aux apportsRégime socialTNS (micro-social)TNSTNS (gérant)Assimilé salariéFiscalitéIR avec abattementIR (BIC/BNC) ou option ISIR ou option ISIS ou option IR (5 ans max)Déduction des chargesNonOuiOuiOuiPlafond de CA77 700 ou 188 700 eurosNonNonNon

Le portage salarial : tester sans créer d'entreprise

Vous hésitez à sauter le pas ? Le portage salarial permet de travailler comme indépendant tout en restant salarié d'une société de portage. Vous trouvez vos propres missions, mais c'est la société de portage qui facture le client, prélève ses frais de gestion (généralement entre 5 % et 10 %), puis vous verse un salaire net avec fiche de paie.

Le gros avantage : une protection sociale complète identique à celle d'un salarié classique. Assurance maladie, retraite, cotisations chômage, congés payés, mutuelle d'entreprise. C'est un vrai filet de sécurité, particulièrement apprécié des professionnels en reconversion ou des consultants seniors. Le cadre légal du portage salarial est défini par les articles L1254-1 et suivants du Code du travail.

La contrepartie est financière. Entre les frais de gestion et les cotisations salariales et patronales, vous pouvez perdre jusqu'à 50 % du montant facturé au client. Aucune optimisation fiscale n'est possible : tout est traité comme du salaire. Et certaines aides à la création d'entreprise, comme l'ACRE, ne sont pas compatibles avec ce dispositif.

Le portage reste une excellente solution pour tester votre activité avant de créer votre structure. Si vous envisagez de quitter le salariat pour écrire à plein temps, c'est une transition en douceur.

Les aides financières pour se lancer en freelance

Bonne nouvelle : si vous quittez un emploi salarié pour vous lancer, plusieurs dispositifs peuvent sécuriser votre transition. Le plus connu est le maintien de l'ARE (allocation d'aide au retour à l'emploi). Vous continuez de percevoir vos indemnités chômage, intégralement si vous ne vous rémunérez pas, ou partiellement si vous tirez déjà des revenus de votre activité.

L'alternative est l'ARCE : vous recevez 60 % du montant total de vos droits restants en deux versements (un à la création, l'autre six mois plus tard). C'est un capital de départ conséquent pour investir dans votre lancement. La réforme entrée en vigueur le 1er juillet 2023 a fait passer ce taux de 45 % à 60 %, selon les informations publiées par Service-public.fr.

L'ACRE (aide à la création ou à la reprise d'entreprise) accorde une exonération partielle de cotisations sociales pendant votre première année d'activité, à hauteur de 50 %. Pour en bénéficier, vous devez remplir certaines conditions et en faire la demande lors de la création de votre entreprise. Bien comprendre ces dispositifs fait partie intégrante de votre sécurité financière en freelance.

Quel statut choisir selon votre situation ?

Le "meilleur" statut n'existe pas dans l'absolu. Il dépend de votre situation personnelle, de vos objectifs et de votre appétence pour la gestion administrative. Voici quelques repères concrets.

Vous testez une idée ou démarrez avec peu de frais ? La micro-entreprise est votre alliée. Zéro capital, zéro comptabilité complexe, et vous ne payez de cotisations que si vous générez du chiffre d'affaires. Idéal pour valider un positionnement et décrocher vos premiers clients.

Vous dépassez les plafonds ou avez des charges importantes ? L'entreprise individuelle au réel ou l'EURL vous permettent de déduire vos frais et d'optimiser votre fiscalité. L'EURL offre en plus la séparation des patrimoines et la possibilité de s'associer si votre activité grandit.

Vous visez des revenus élevés et une image professionnelle forte ? La SASU est souvent le bon choix. La protection sociale du régime général, la souplesse des statuts et l'optimisation salaire-dividendes en font un véhicule puissant pour les freelances à forte valeur ajoutée.

Vous êtes en reconversion et voulez limiter les risques ? Commencez par le portage salarial. Vous gardez une couverture chômage et vous n'avez aucune formalité de création à gérer.

Un conseil souvent négligé : rien ne vous oblige à rester dans le même statut toute votre carrière. Beaucoup de freelances commencent en micro-entreprise puis passent en SASU ou EURL quand leur activité décolle.

Les 5 erreurs à éviter quand on choisit son statut

La première erreur est de choisir un statut trop complexe pour son niveau d'activité. Créer une SASU quand on facture 15 000 euros par an, c'est payer des frais de gestion disproportionnés. La micro-entreprise suffit largement en phase de démarrage.

Deuxième piège : négliger la protection sociale. Le régime TNS offre une couverture de base, mais les indemnités journalières en cas d'arrêt maladie ou d'accident restent faibles. Prévoyez une complémentaire santé et une assurance prévoyance dès le début.

Troisième erreur : oublier la TVA. En micro-entreprise, vous bénéficiez de la franchise en base de TVA sous certains seuils. Mais dès que vous les dépassez, vous devez facturer et reverser la TVA. Renseignez-vous sur les seuils en vigueur via le site Service-public.fr.

Quatrième écueil : ne pas anticiper ses revenus. Vos cotisations sociales et vos impôts arrivent avec un décalage. Mettez systématiquement 25 à 30 % de chaque encaissement de côté. C'est non négociable.

Enfin, cinquième erreur : confondre chiffre d'affaires et revenu net. Après les cotisations, les impôts et les charges, votre revenu réel est bien inférieur au montant facturé. Calculez votre TJM (taux journalier moyen) en partant de votre revenu cible, pas de votre chiffre d'affaires brut. Si vous voulez vivre du copywriting dès la première année, cette rigueur financière est indispensable.

Conclusion

Le statut freelance recouvre en réalité plusieurs choix juridiques, chacun avec ses avantages et ses contraintes. De la micro-entreprise pour tester votre activité à la SASU pour structurer une activité à forte valeur ajoutée, en passant par le portage salarial pour sécuriser une transition, les options ne manquent pas. La clé, c'est d'aligner votre choix avec votre réalité financière et vos ambitions.

Retenez surtout que rien n'est figé : vous pouvez évoluer d'un statut à l'autre au fil de votre croissance. L'important est de vous lancer avec un cadre clair, de maîtriser vos obligations fiscales et sociales, et de ne jamais négliger votre protection. Pour les freelances qui veulent allier liberté et revenus solides, notre parcours vous accompagne de A à Z, avec un premier client garanti par contrat. Découvrez notre formation en copywriting et faites de l'écriture votre métier.

Questions fréquentes

Peut-on cumuler un emploi salarié et une activité freelance ?

Oui, c'est tout à fait possible. Le régime de la micro-entreprise est particulièrement adapté à ce cumul. Vérifiez simplement que votre contrat de travail ne contient pas de clause d'exclusivité ou de non-concurrence qui limiterait votre activité indépendante.

Faut-il un diplôme pour devenir freelance ?

Non, la plupart des activités freelance ne requièrent aucun diplôme spécifique. Seules certaines professions réglementées (santé, droit, expertise comptable) exigent des qualifications. Pour le copywriting, le graphisme ou le développement web, vos compétences et votre portfolio comptent davantage.

Combien coûte la création d'une entreprise en freelance ?

La micro-entreprise est gratuite pour les activités libérales. Pour une SASU ou une EURL, comptez entre 200 et 800 euros (annonce légale, frais de greffe, éventuellement rédaction de statuts). Le capital social minimum est libre : 1 euro symbolique suffit légalement.

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